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''Haiti dans les voies de l'effondrement: Malfrattitude ou socrattitude''

 

‘’Se rouler dans la fange n'est point la meilleure manière de se nettoyer. […] Je n'éprouve aujourd'hui nul désir de démontrer qu'il est impossible de rester sain d'esprit. Au contraire, bien que je demeure non moins tristement certain qu'autrefois que la santé de l'esprit est un phénomène assez rare, je suis convaincu qu'elle peut être atteinte, et je voudrais la voir plus répandue.’’ (Aldous Huxley, Le meilleur des mondes)

 

La jeunesse d'aujourd'hui, dit-on,  formée et diplômée d’Haïti ne gère que de petits chèques, des postes, des accointances, des roulements[1]. Elle n’est plus habitée de rêves qui se pensent dans l’effort, le travail, le mérite, la conviction (dans le sens de bien-faire et de faire le bien) pétrie de raison pratique par et pour l’humain[2]. Le sens du bien commun se perd dans le commun d’un certain sens pratique qui ne se comprend que dans et par l’intérêt particulier, l’amour-propre et la tyoulerie (forme de bassesse indigne d'un etre humain), quitte à se rabaisser dans l’inhumanitude (l’animalitude) et manger son pain dans l’indignité.

La malfrattitude (politique) s’est érigée en modèle social pour se retrouver commandeur du destin national. Et la <<Bêtise envahissante et triomphante>> s'érigeant et s'instalant en <<EXCELLENCE SOCIALE, CULTURELLE ET POLITIQUE>>, une solidarité banditique se noue et se renforce dans la (société) de la peur irresponsable et complaisante. Peur de n’être pas éliminé sous les yeux débandés d’une « justice » qui n’entend même pas son propre nom comme étant son nom propre, dans un pays toujours soumis à l’arbitraire et où l’opinion publique est priée de se taire ; peur de perdre son boulot, généralement acquis dans le dos de tous les règles et principes institutionnels.

Le mérite, l’honnêteté et l’équité sont bannis de la pratique de l’exercice du pouvoir et de l’administration de la chose publique. Du coup, la peur d’être exclus et mis à coté de toutes les misérables faveurs de pouvoirs politiques successifs incompétents, archaïques, mesquins, rétrogrades et iniques[3]. L'indignité comme lieu de survie devient un réfuge existentiel pour des âmes pussillanimes aux valeurs (sociales et morales) decadentes.  

C'est en ce sens que, par des pratiques sociales, politiques et économiques suffocantes, les petits jouisseurs - restes indomptés du colonialisme - livrent ici une lutte sans merci contre les bonnes mœurs, la dignité (humaine), la compétence et la hauteur d’âme. C’est par les tripes qu’on retient l’haïtien  pour le réduire à l’état de végétation. On cherche sans cesse à handicaper son cerveau et faire de son imagination le lieu de toutes sortes de médiocrités (humaines) le vouant au fanatisme des politiques les plus ignorantes, les plus viles et obscurantistes[4]. On comprend dès lors qu’en Haïti, depuis toujours le système politique se charge méthodiquement d’écraser ce qu'il y a d'humain dans l'homme (haïtien). Sachant que tout être paralysé finit par s’effondrer dans son incapacité à agir et/ou réagir. Ainsi, dans mise en quarantaine totale pour barrer les lumineux rayons de la puissance créatrice du <<grand lever de soleil du premier janvier 1804>> sur les terres de <<Saint-Domingue devenu Haïti>>, le colonialisme a légué ses droits de spolier et d’exterminer à de petits jouisseurs sans (véritable) nation[5]. De ce fait, se joue toujours une zombification des masses en des figures dites populaires sans être du peuple et/ou pour le peuple.

Leslie Péan écrit :

« Si Wade Davis explique la zombification individuelle par cette substance clairement identifiée, on n’a toujours pas trouvé les causes de la zombification sociale et collective observée en Haïti. Comment la dose de cette substance a-t-elle été administrée à tout un peuple de 10 millions d’habitants pour diluer sa personnalité au point qu’il ne voit même pas la nécessité de dénoncer la gabegie, la misère et l’exploitation ? Que dire de celle de se révolter ? Il faut se demander avec Frantz Alix Lubin, combien de tonnes de ces «  alcaloïdes, extraits du Datura stramonium, sont utilisés pour provoquer l'effacement de sa personnalité, et naturellement sa soumission à des tiers ? » Une telle découverte de castration sociale, à partir de l’étude approfondie du cas haïtien, est essentielle pour la continuation d’un ordre mondial que les puissants de la terre veulent rendre immuable. »[6]

La "stratégie du choc[7]" des puissances impérialistes se joigne à la "stratégie de la tension[8]" des pouvoirs politiques ainsi que des groupes sociaux et économiques rétrogrades locaux pour faire d’Haïti une « entité chaotique ingouvernable », en respect aux vœux et recommandations d’un  ancien président des Etats-Unis d’Amérique.

A rappeler que c’est suite à une victoire sans précédent sur les forces armées coloniales françaises napoléoniennes qu’Haïti s’était solennellement déclarée et faite un Etat libre, indépendant et souverain[9]. Etant le seul exemple dans l’Histoire d’un peuple asservi qui brise ses chaînes et contraint par les armes une grande puissance coloniale à battre en retraite, comme le souligne Noam Chomsky[10], ces dernières – « liberté », « indépendance » et « souveraineté » - n’ont pas pris du temps pour ne plus avoir sens dans le quotidien nouveau du peuple haïtien tout juste sorti des ruines de la servitude coloniale comme un « superbe lever de soleil ». L’assassinat de Jean-Jacques Dessalines (Père fondateur de l’Etat d’Haïti et premier chef d’Etat Haïtien) en octobre 1806 par les petits jouisseurs de la république naissante dérouta les promesses de la révolution. Ceux-ci (les petits jouisseurs sans nation) ne voulaient en aucune manière entendre que ceux-là même qui furent la roue des combats sans merci menant à la victoire sans pareille contre le <<dénie d’humanité que sont la colonisation et l’esclavage[11]>>, accèdent aux mêmes titres que quiconque à la liberté pleine et entière et au bien-être. Pour Dessalines, ne peuvaient vivre dans le déni de leurs droits (civils et politiques) les plus fondamentaux, et donc dans l’indignité, ceux dont les pères sont en Afrique et qui ont été les véritables roues et remparts de la révolution, en se sacrifiant sans hélas comme chairs à canons[12]. C'est ainsi que, réclamant la part des masses « sans-parts » de la révolution, Dessalines l’a payé de sa vie. D’où l'ouverture et le début des souffrances sans bornes du peuple Haïtien confronté a toutes sortes de torts et de mépris social des puissances colonialistes (impérialistes) assistés de serviteurs érigés en nantis (sans scrupules) sur la terre glorieuse de la Liberté (humaine). 

De plus, il faut noter que pendant un long temps, les petits jouisseurs interdisaient sur tout le territoire de la République qu’on cite le nom de ce défenseur du peuple, symbole de la nation impertubable. Depuis ce temps là, obscur – premiers moments de la construction de la nation - marqué par un crime d’Etat Odieux et Parfait[13] vu l’opacité empêchant les vérités (inavouées) de la chose, l’histoire (sociale, politique et économique) du pays reste conditionnée en profondeur par un permanent déséquilibre structurel[14]. D’une part, l’opulence pour les jouisseurs-assassins de la République - politiciens et intellectuels vendeurs des <<causes nationales>>, bourgeoisie de comptoir /contrebandiers -  dans une coalition anti-populaire; d’autre part, la crasse pour les masses populaires, véritables « sans-parts[15] » méprisés, humiliés, délaissés, et sans cesse massacrés sous l’œil d’une <<justice (-Injustice)>> qui toujours ne voit l’évidence des choses à la lumière du droit et des lois que dans l'ombre et ténébreux dessous des tables[16].

Pour sortir de la sordidité sociale, politique et économique qui mène et traîne Haïti, les mouvements populaires des couches subalternes se créent, se déploient et se développent en mettant en question les disparités sociales criantes. Ils se défont et se déconstruisent aussi, les uns après les autres, par les modes d’organisation de la société se reproduisant de manière routinière, et par les pratiques politiques qui, au fond, ne mettent pas en péril la continuité du système, comme l’a expliqué Michel Hector[17].  

L’ordre social et politique dans sa forme la plus hideuse et la plus (in-humainement) ridiculement perfide[18], connait en Haïti une sorte d’affection de la part des élites[19]. Ces dernières, toujours recouvertes de la poussière coloniale, ne savent se mettre qu’au service de leurs maîtres sous la bénédiction desquels ils se servent eux-mêmes banditiquement de l’Etat en toute impunité. La valeur de leur existence ne se comprend qu’à la valeur de la sanction blanche pour laquelle elles sont toujours prêtes à se comporter comme des crocodiles qui partent, sans cesse subterfugement, entre les rochers pour surgir au soleil. En ce sens, des politiques visant à réduire le plus que possible la capacité novatrice de toute action sociale et populaire sont mises en œuvre afin d’empêcher tout réel projet de transformation sociale des conditions de vie des masses. C'est ainsi que tout mouvement social symbolisant le contraire de l’ordre social d’exploitation, d’injustice et de mépris vis-à-vis du « peuple sans-parts[20] » n’est que désordre pour les jouisseurs de la République.  Esclaves eux-mêmes des puissances étrangères. Ces impérialistes prédateurs arrogants les servent toujours de protecteurs dans leurs forfaits. C’est-a-dire: <<maintenir Haïti dans l’inexistence[21]>>

Des crises et désastres sociopolitiques se générant, aux catastrophes naturelles et/ou provoquées, les critiques sont unanimes à dénoncer cette attitude de malfrats, selon laquelle, depuis toujours, toute situation désastreuse que connait Haïti est une manne pour la minorité puantement jouisseuse. Dans une forme affirmative des termes de la question de Jean-Durosier Desrivières  à C. Wargny, on peut dire qu’aux yeux des grandes puissances étrangères, comme la France et les Etats-Unis en particulier, Haïti est un vivier, au sens où la situation déplorable du pays les conforte et fait d’elles des gestionnaires de la misère, à travers tout type de coopération peu bénéfique au soit disant bénéficiaire[22].

Depuis 1804, le nouvel Etat du « nouveau monde colonial », première République anti-esclavagiste et postcolonialiste[23] du monde moderne, est le modèle parfait pour analyser et comprendre comment les modes du colonialisme persiste à faire société au-delà de l’autorité officielle chambardée, et aussi de rendre à voir comment ses restes indomptés se sont perpétués à reproduire le mode d’organisation de la société coloniale pour servir d’intermédiaires dans une sorte de négoce colonial entre le « peuple des sans-parts » (encore et toujours humiliés, exploités et massacrés) et les puissances capitalistes de l’impérialisme collectif[24]. De plus, ses dernières, pour mieux assujettir l’Etat postcolonial et contrer toutes formes d’émancipation des masses, se servent subterfugement, sous couvert de bienveillance humanitaire, d’entités comme l’ONU et les ONGs pour perpétrer les ingérences les plus absconses dans le dos des principes du droit international comme de ceux de la constitution du pays.

L’histoire d’Haïti nous indiquent clairement, tout au long de sa marche, comment le politicien haïtien, pour accéder au pouvoir, est prêt à tous les compromis politiques dans lesquels se jouent une esthétique du mensonge, du vice, du ridicule et de la violence, avec ses pairs d’une part, comme toute compromission avec les puissances étrangères, d’autres parts. Les dernières comprennent très bien, combien le politicien haïtien loin du zèle de la justice et du culte de la vérité dans la fonction publique, est dépourvu de convictions véritablement nationalistes. Car étant tellement dominés par la vanité des honneurs (publics) et l’ambition d’exercer le pouvoir pour amasser sans cesse de l’argent dans le mépris du bien-être (social et humain) de la population[25].

Jouir (absurdement) de l’Etat est une pathologie (sociale) qui rentre dans la normalité politique en Haïti. Ces « pratiques déficientes d’un potentiel de la raison », pour dire comme Axel Honneth, fait de l’Etat Haïtien un corps politique voué et dévoué au déferlement des rêves les plus inhumains par sa non disposition à assister, dans le sens du devoir de servir, les citoyens, dans son mépris du droit comme utilité du peuple et de la loi. La politique étant le lieu d’articulation sociale et de sa représentation, elle donne à la société haïtienne dans la forme des pratiques qui la revêtent - empruntant les termes à André Malraux - un style mort. C’est-à-dire que les pratiques politiques ne disant pas de quoi elles sont le nom, elles se définissent par ce qu’elles ne sont pas dans une sorte de théâtralité officialisée. De ce fait, l’activité politique dans son efficacité sociale n’est ressentie que négativement[26]. Déjà, Jacques Stephen Alexis témoignait son plus profond dégout pour ce qu’il appelle une vie politicienne désolante et pitoyable en Haïti. Selon lui, celle-ci (la politique) maintient depuis toujours ce pays dans l’arriération et le conduit à la faillite[27].

Laurent Dubois écrit :

« L’histoire d’Haïti fournit un terrain fertile pour comprendre à la fois le pouvoir persistant des catégories coloniales et les alternatives dont nous disposons. […], le monde de la plantation coloniale a continué de façonner de multiples façons l’après indépendance d’Haïti, nourrissant des conflits et créant un contexte politique et économique à l’intérieur du pays qui a entrainé des difficultés persistantes et des distorsions au vingtième siècle et à présent au vingt-et-unième siècle.[28] »

L’Etat, écrit Jean Price Mars, ne vaut que ce que valent les hommes qui détiennent le pouvoir[29].  Depuis après 1804, grandement marqué par l’assassinat de Dessalines en 1806, l’Etat s’est construit comme une structure de production de la pauvreté. Voler l’Etat n’est pas volé, disait Alexandre Pétion, alors président d'Haiti suite à l'assassinat de Dessalines. C’est en ce sens que l’Etat haïtien dans sa forme socio-administrative de la gestion des vies et des biens de la population, se révèle un « mal politique[30]», dont l'indéveloppement social d'un système d'organisation totalement barbare, comme celle d'une société n'ambitionnant nullement d'être humaine.

Comme relaté par diverses critiques - tels que Leslie Péan, André Corten, Bernard Hadjadj -, ici en Haiti, le challenge politique consiste à voir qui sera le chef d’Etat le plus corrompu de l’histoire. Le défi a relevé reste et demeure lequel d’entre eux usera le plus des caisses de l’Etat pour ses causes personnelles (futiles et ridicules). Depuis 1804, explique C. Wargny, le détournement d'argent public est le sport national pulvérisant tous les records. Dépouiller et épuiser ! Là sont les mots d’ordre adressés aux avares « pope twèl » des pouvoirs successifs, dont la tyoulerie en bassesse sérielle à l’égard des puissances impérialistes témoigne de la bêtise envahissante dans une société où ne triomphe que la médiocrité (humaine). La corruption étant une vertu politique et administrative en Haïti[31], l’humanité des couches sociales subalternes est sans cesse mise à l’écart, méprisée, humiliée et même écrasée. La privation sociale de tout ce qui doit faire service public (Eau potable, éducation, nourriture, électricité, sécurité) de l’Etat au peuple est une politique contre la dignité nationale à laquelle les haïtiens s’attachent tant. Ici en Haïti, la sentence postcoloniale est entretenue depuis plus que deux cents années par les serviteurs locaux de l’impérialisme. <<Ne touchez pas à ma corruption !>>. Tels sont les mots d’ordre de cette structure sociopolitique moribonde qu’est l’Etat Haïtien.

Tu accèdes au pouvoir, tu pourris (davantage) la vie sociale des haïtiens, et te voilà coiffer par toute la cohorte des nantis[32] de la société haïtienne et la communauté internationale. Celles-ci jouent leur politique de contrôle et d’emprise sur Haïti, en soutenant de manière intéressée l’accès au pouvoir à des personnages très peu crédibles à tous les points de vue. Ces derniers s’engagent à tour de rôle dans des compromissions, et se laissant leurrer de supports indéfectibles pour leur maintien au pouvoir en échange d’allégeance à l’oligarchie locale, véritable comptoir des impérialistes.

C’est en ce sens que Christophe Wargny déclara :

« C’'est principalement le martyr qu'Haïti a subi au long de deux siècles, auxquels je cherche des responsabilités. Je les trouve en grande partie dans l'occident qui a mis Haïti en quarantaine et qui l'a fait sans doute en complicité avec une partie de l'oligarchie haïtienne[33]. »

De ca fait, carte blanche à la démesure de toute sorte est accordée à des jouisseurs – souvent sans qualité aucune -  pour exercer les magistratures en malfrat vis-à-vis de la République. Ce qui toujours retient la société haïtienne sous l’effet de velléités dictatoriales et tyranniques par lesquelles les actions du pouvoir se révèlent à chaque fois illégales et délinquantes. Sans cesse de la délinquance politique à tour de rôle. C’est par « la politique du ventre[34] », pour reprendre les termes de J-F. Bayart, que les puissances impérialistes les plus agressives et les plus féroces (USA, France[35]) enfoncent Haïti dans une crise de légitimité et de rationalité[36] permanente, empêchant toute véritable émancipation du pays. Ce qui a comme résultats, une société politique où la raison se perd toujours dans l’incapacité chronique à faire des conflits sociaux un vecteur de changement social[37]. En ce sens, incapable de nouer, par la raison[38], les pouvoirs des sens pour  une « raisonnable » rationalisation du commerce social dans le sens du bien commun[39], « l’Humain » souffre dans la société haïtienne les pathologies des modes de penser et faire politique les plus abscons de la part des élites.

Par ce fait, le sentiment d'un fatalisme irréversible travaille les catégories sociales les plus défavorisées, délaissées et exploitées, et en particulier les jeunes[40] qui ne veulent plus entendre et/ou comprendre que le changement est encore et toujours possible ici[41]. Le désespoir les imprègne de son indélébile pessimisme. Ici c’est l’enfer, il faut le fuir comme on fuit la peste, se disent-ils généralement. Contre ces pensées défaitistes, il est un devoir impératif pour tout Haïtiel de « PENSER » et « proposer » des pistes d’actions sociales et humaines par lesquelles démontrer comment les solutions existent, et qu’il est encore et toujours possible de créer l’avenir[42]. Chaque  génération, nous dit Frantz Fanon, doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, l’accomplir ou la trahir[43]. Les promesses les plus humaines du premier janvier 1804 ne peuvent être poursuivies et tenues sans une réelle et juste collaboration pratique des Haïtiens, se nouant et se nourrissant du respect des lois, de l’amour du savoir, du développement positivement créateur des sens fixant sans cesse l’idéal d’humanité par et pour lequel nous jetâmes corps et âmes à braver la mort dans une révolte couronnée de succès contre l’inhumain colonial et esclavagiste. Poursuivons et concrétisons l’humanisme Haïtien dont l’haitialitude comme mode d’être-ensemble. Et pour dire comme Riccardo Petrella dans son livre intitulé "éloge à la solidarité’’ (sous-titré "Le bien commun")  : « il n’y a pas d’avenir pour une société sans justice, sans égalité, sans fraternité, bref sans solidarité. Personne n’arrêtera les êtres humains dans leur quête de l’humanité[44] ».

Les pays qui perdent leur légende sont condamnés à mourir de froid. Et contre un tel châtiment, dans l’exigence infinie du bien-être, la jeunesse haïtienne doit porter un rêve sans trêve peint de toutes les couleurs de l’espoir increvable des promesses les plus humaines de ce lever de soleil du premier janvier 1804 à Haïti. Car une société sans rêve est une société sans avenir. Du métier de citoyen au service de la république comme celui du soldat au service de la liberté, la jeunesse haïtienne doit tourner le dos aux pratiques sociales et politiques humainement improductives. Ainsi, au-delà de l’oubli, revenons aux séquences essentielles du rêve. Pour ce faire,  la jeunesse doit être habitée par l’utopie créatrice de Liberté (-dignité) comme témoignage du possible encore fécond, et de rêves destructeurs des insignifiances d’une certaine résignation du peuple de l’appauvrissement de son être[45]. En ce sens, par des voies humaines de la raison, détruire l’infinitude d’une esthétique du macabre structurant le champ social et politique haïtien par le mépris du bien-être collectif.

Jeune ne quittes pas ton pays ! 

Cet appel n’a point le sens de ne plus se déplacer pour aller explorer les lieux lointains d’où peuvent être saisi des choses importantes et profitables à Haïti, mais plutôt un rappel aux jeunes haïtiens à toujours porter en eux l’Haitiel projet social et politique plein d’humanité, amoureux de liberté, d’esprit d’ordre, de justice et de progrès dans la vision déclarée le premier janvier 1804[46].

Le professeur Leslie François Manigat a écrit dans son intervention sur Toussaint Louverture à l’occasion du 198ème anniversaire de la mort de celui qu’il nomme « ce phénomène humain extraordinaire » :

« On peut profiter du constat de son génie pour faire deux observations : combien de petits Toussaints ont-ils vécu dans nos plaines, nos mornes et nos montagnes, pendant plus de deux cents ans, sans avoir trouvé leur chance d’être devenus des L’Ouverture, et combien aujourd’hui de fils de ‘’boat people’’ ne sont-ils pas des diplômés de valeur des universités américaines les plus réputées, C’est l’une des raisons pour lesquelles on ne peut pas désespérer d’Haïti ni des Haïtiens[47]. »  

Cette quête de l’humanité,  l’indépendance d’Haïti, événement[48] solennellement marqué par la déclaration du 1er janvier 1804 sur la place d’armes de la ville des Gonaïves, a dans ses promesses donné la preuve la plus grandiose et la plus digne qui soit, en montrant comment l’esclave dès qu’il décide de n’être plus esclave bascule l’ordre des choses[49] en mettant en déroute le dessein criminel de la servitude (coloniale et imperialiste).

Jacques Stephen Alexis - Intellectuel revolutionnaire Haitien (auteur de "Compère Général Soleil [50]") - dans une lettre adressée à François Duvalier, alors « président à vie  d’Haïti » dans toute la terreur qu’inspirait une telle idée aussi bien que la chose, a écrit : « je ne peux renoncer à ce terroir» (…), « Je suis un enfant de l’avenir[51].» 

Pour conclure, disons comme Arthur Rimbaud : « On ne part pas. – Reprenons les chemins d’ici.[52] »

 

" La nuit est avancée, le jour approche. Dépouillons-nous donc des œuvres des ténèbres, et revêtons les armes de la lumière. Romains, XIII, 12 


NOTES
[1] -Ici on entend par « roulement », une pratique de commerce social par laquelle un particulier fait des largesses à une ou plusieurs autres personnes pour répondre à des besoins économiques. Généralement, une certaine relation de domination, de subalternité et/ou de fourbe (ruse) s’y installe. Ce qui met souvent en jeu toute forme de partage d’une humanité basée réellement sur la solidarité et la collaboration pratique.
[2] -Frankétienne dans « Les affres d’un défi » écrit : ‘’Nous ressassons de vains reproches sans rien tenter contre les semeurs de deuil. Souvent, nous parlons à nous-mêmes ; et nos paroles perdent leur sens dans un temps innommable. Qui nous écoute ? Qui cherche à nous comprendre ? Plutôt que de nous entendre, ils nous traitent de fous ; puis, ils s’empressent de nous museler. Carrousel des jours et des nuits. Marionnettes et girouette au cirque des saisons. Nous demeurons hébétés dans un rêve empoisonné par des créatures maléfiques. Un rêve entrecoupé de cauchemars. Sifflements du vent. Couteaux des éclairs. Théâtre de l’orage. Nous nous remuons un peu. A demi réveillés, nous ouvrons un œil, dans l’instabilité du souvenir et de l’oubli. Nous nous souvenons quelque peu. Mais, nous avons oublié les séquences essentielles du rêve.’’ (P. 8)
[3] -Voir ALterpresse, Leslie Péan, ‘’Gouvernance occulte, gouvernance inculte, gouvernance superficielle’’ (Article en ligne)
[4] - Laennec Hurbon, Culture et dictature en Haïti. L’imaginaire sous contrôle, Paris, Editions L’Harmattan, 1979
[5] -Il faut dire que même après plusieurs générations à voler et spolier le peuple haïtien, ici les petits jouisseurs ne savent  toujours même pas de qui ils sont le nom.  On peut constater que même au plus haut niveau de l’Etat la question de la qualité des soi-disant élus est généralement évoquée pour les contester le droit à l’exercice du pouvoir exécutif, législatif ou judiciaire.
[6] - Leslie Péan, « Gouvernance occulte, gouvernance inculte, gouvernance superficielle »,  Alterpresse, 3 juin 2014 (Voir aussi Aldous Huxley, Le meilleur des mondes)
[7] - la « Stratégie du choc » de Naomie Klein s’explique par une mise en relation d’un ensemble d’événements (tels que : les attentats du 11 septembre, la guerre en Irak, le tsunami qui dévasta les côtes du Sri Lanka en 2004, le cyclone Katrina)  avec ce qu’elle appelle « un capitalisme du désastre ».  Par ce dernier, elle dénonce l’existence d’opérations concertées dans le but d’assurer la prise de contrôle de la planète par les tenants d’un ultralibéralisme tout puissant. Ce dernier met sciemment à contribution crises et désastres pour substituer aux valeurs démocratiques, auxquelles les sociétés aspirent, la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation.
[8] -La « Stratégie de la tension » est une théorie selon laquelle, l’Etat et/ou les acteurs politiques provoquent des troubles politiques violents afin d’en profiter pour attaquer des adversaires politiques et renforcer leurs poids dans le système politique. Cette théorie est expliquée dans plusieurs articles par Manlio Dinucci. Il faut dire, de plus, que la stratégie de la tension est généralement appuyée et soutenue par des pays puissances impérialistes qui cherchent à maintenir leur hégémonie en se servant des groupes sociaux et politiques locaux. Et ceci surtout dans les pays dominés du tiers monde comme Haïti.
[9] - Voir Jean-Pierre Le Glaunec, L’armée indigène, la défaite de Napoléon  en Haïti, Montréal, Lux Editeur, 2014   
[10] - Noam Chomsky, « La tragédie d’Haïti », Editions L’Herne, 2006 (Voir aussi Wendel Phillips, Toussaint Louverture)
[11] -« Spartacus souleva les esclaves de Rome en Italie, contre l’Impératrice du monde qui l’assassina et crucifia les esclaves. Il n’y a jamais eu qu’une révolte d’esclaves, couronnée de succès, et ce fut à St Domingue. Chaque race a été dans les chaines, à un moment ou à un autre. Mais il n’y en eut jamais qu’une seule qui, affaiblie et dégradée par un esclavage aussi lourd, ait, sans aide, elle-même brisé ses fers, pour en forger des épées et conquis sa liberté sur le champ de bataille : et ce fut la race noire de St Domingue. » (Wendell Phillips, Toussaint Louverture, Collection du Bicentenaire Haïti 1804-2004, première édition 1950.) / voir aussi Laennec Hurbon, « La Révolution haïtienne : une avancée postcoloniale » (in Michel Hector et Laennec Hurbon, Genèse de l’Etat haïtien, 1804-1859, Editions de la maison de l’homme, 2009)
[12] - « La société s’est formée sur une dichotomie très forte entre très riches et très pauvres. En effet, les vainqueurs de la guerre et les métis ont, jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle, considéré 95% de la population comme des citoyens de seconde zone. » (In Christophe Wargny)
[13] - ‘’Un crime est une infraction, mais toute infraction n’est pas « crime », bien sûr. On ne commet pas un crime lorsqu'on grille un feu rouge ou lorsqu'on nuit à la tranquillité de ses voisins. Le crime, c'est la plus grave des infractions. Celle qui trouble la société et dévie des normes sociales d'une façon telle qu'elle n'est pas pardonnable, soit parce qu'elle a porté atteinte à l'intégrité physique d'une personne, soit parce qu'elle a porté atteinte à l'intégrité de ses biens, soit, encore, parce qu'elle a porté atteinte à l'intégrité de la société elle-même. Par définition, donc, est un crime un acte qui trouble l'ordre moral d'une société donnée. […] Qu'est-ce qu'un crime parfait, alors ? Le crime parfait, c'est, paradoxalement, l'affaire irrésolue. C'est l'énigme sans solution. C'est le meurtre sans meurtrier, le vol sans voleur, la trahison sans traître. Le crime parfait implique irrémédiablement une dose de mystère: il ne doit absolument pas pouvoir s'expliquer. Le coupable s’en tire sans même une accusation. Au fond, le crime parfait, c'est le crime sans justice. D'ici, un double paradoxe se dessine. D'une part, le crime parfait n'est pas un crime parachevé puisqu'il lui manque un élément essentiel. En effet, on voit mal comment un meurtre pourrait être qualifié comme tel sans la présence d'un meurtrier. D'autre part, dans ce cas, le crime, c'est à dire l'acte immoral par excellence, est considéré lui-même comme un acte parfait. La perfection est trouvée dans l'immoralité la plus totale. Elle est donc déviée de sa fonction première, c'est à dire caractériser quelque chose qui est honorable aux yeux d'une société puisqu'au contraire, c'est le plus vil des actes qui est considéré comme étant parfait.’’ (Marie Torelli)
[14] - Jean-Michel Caroit, « Haïti ou La permanence du malheur », le Monde, 26-12-2003
[15] - « La misère vécue à ciel ouvert en Haïti, dans la capitale surtout et dans les villes de provinces, semble indiquer que des couches importantes de la société sont mises à l'écart de l'humain : sans eau, ni électricité, sans système sanitaire, sans toit, vivant dans la promiscuité de rues pleines de boue et de détritus et ne disposant pas d'espace privé, comme dans un véritable camp de concentration. » [Laënnec Hurbon, « André Corten, Diabolisation et mal politique. Haïti : misère, religion et politique », Archives de sciences sociales des religions [En ligne], 134 | avril - juin 2006, document 134-23, mis en ligne le 05 septembre 2006, consulté le 03 septembre 2014. URL : http://assr.revues.org/3495]
[16]-"La bourgeoisie haïtienne, tandis qu'on massacrait les paysans du Nord de l'Artibonite et de Plateau Central, recevait joyeusement les chefs des assassins dans les salons de ses cercles mondains et dans ses familles. Complice consciente de l'Occupation, elle se mit à son service, rampa aux pieds des maîtres en quête de reliefs: présidence de la République, fonctions publiques. Les uns furent contentés, les autres non. Ainsi naquit opposition bourgeoise. " (Jacques Roumain, Analyse Schématique- suivi de "Griefs de l'homme noir"-, Ed. Presses Nationale d'Haïti, collection Pensée critique, Juillet 2007)
[17] -Michel Hector, « Mouvements populaires et sortie de crise (XIXe - XXe siècles) », Pouvoirs dans la Caraïbe [En ligne], 10 | 1998, mis en ligne le 05 mai 2011, consulté le 11 octobre 2012. URL : http://plc.revues.org/557 ; DOI : 10.4000/ plc.557
[18] - Selon Christophe Wargny, « Haïti c’est un pays où l’Etat ne fonctionne pas, où il est essentiellement prédateur, où il détient l’un des records du monde, c’est l’Etat qui dépense le moins pour chacun de ses citoyens. Donc, à peine un Etat, sauf dans la prédation. Est-ce qu’un Etat qui joue si peu de rôle et puis dans ce pays où la toute petite minorité n’a rien à voir avec la majorité peut-on dire qu’il s’agit là d’une nation accomplie ? » (In Christophe Wargny, entretien accordé à HPN, propos recueillis par Dominique Batraville)
[19] -« Ce pays cumule quantité de handicaps énormes : des élites corrompues voire violentes, une pauvreté endémique qui a amené aux émeutes de la faim en 2008 et une série de cyclones cette même année. Jusqu’à ce tremblement de terre de mardi. » (Christophe Wargny : Ce pays cumule quantité de handicaps)
[20] - « Ce que je retiens d’Haïti, et peut-être la chose qui m’avait frappé la première fois, c’est un pays où la lutte des classes est d’une violence extrême. Je ne l’ai jamais vue peut-être aussi dure qu’en Haïti, entre une toute petite minorité qui est non seulement immensément riche, mais qui est d’un mépris insondable vis-à-vis du reste. » (In « Les Français dialoguent avec les Haïtiens qui leur ressemblent », Entretien avec Christophe Wargny. Propos recueillis par Jean Durosier DESRIVIERES)
[21] - Christophe Wargny, Haïti n’existe pas, 1804-2004: deux cents ans de solitude, Paris, Editions Autrement, 2004. (‘’Quand on veut comprendre les difficultés extrêmes de ce pays, il faut remonter à plusieurs siècles. Haïti était une colonie française, la plus riche des colonies françaises. En 1804, il a le premier conquis son indépendance contre l’armée de Napoléon. Dès lors, la France comme tout l’Occident ont décidé qu’Haïti ne devait plus exister. Ils l’ont ignoré, isolé’’. C. Wargny : Haïti cumule quantité de handicaps, Entretien)
[22] - ‘’Les Français dialoguent avec les haïtiens qui leur ressemblent’’, Entretien avec C. Wargny, Propos recueillis par  Jean Durosier Desrivières (en ligne)
[23] - Laennec Hurbon, Ibid
[24] - Noam Chomsky, La tragédie d’Haïti, Editions de l’Herne, 2006
[25] - Etzer Charles, Le pouvoir politique en Haïti de 1957 à nos jours, Paris, Karthala, 1994
[26] -Voir : Gabriel Naudé, Considérations politiques sur les coups d’Etat (1639)
[27] - Voir en ligne ‘’Lettre de Jacques Stephen Alexis à François Duvalier’’,  Publié par Parole en archipel, 7 Février 2013
[28] - Jean Casimir, Haïti et ses élites. L’interminable dialogue de sourds, éditions de l’Université d’Etat d’Haïti, 2009
[29] - Jean Price-Mars, La vocation de l’élite,  Port-au-Prince: Edmond Chenet, 1919
[30]- Le mal politique se définit, écrit A. Corten, par l’acceptabilité de la déshumanisation, c’est-à-dire la possibilité que la déshumanisation corresponde à une syntaxe de raisonnement collectif. (André Corten, Diabolisation et mal politique. Haïti : misère, religion et politique, Montréal-Paris,  Editions du CIDIHCA-Karthala, 2001, p. 17)
[31] -Voir Leslie J. R. Péan, Économie politique de la corruption (De Saint-Domingue à Haïti, 1791-1870)
[32] -Voir (en ligne) l’article de Arnaud Robert illustré par des photographies de Paolo Woods, et intitulé : ‘’Les nantis d’Haïti’’.
[33] - Christophe Wargny, Christophe Wargny et les racines historiques d’Haïti, Entretien accordé à Haïti Press Network, propos recueillis par Dominique Batraville ; 31 Mars 2005
[34] - La « Politique du ventre » désigne l’exercice de l'autorité politique dont le seul et unique souci est de satisfaire sa personne ainsi que son groupe, son clan, son parti. La jouissance d’une minorité au détriment du bien-être général de la société. Ce concept est de Jean-François Bayart qu’il a développé dans son ouvrage « L’État en Afrique : la politique du ventre. »
[35] - « Les États-Unis, qui avaient des liens commerciaux actifs avec la colonie française, envoyèrent aux dirigeants français 750 000 dollars d’aide militaire ainsi que des troupes pour aider à réprimer la révolte. », Noam Chomsky, La tragédie d’Haïti, Editions L’Herne, 2005, (Traduit de l’anglais par Christian Labarre)
[36] - Jurgen Habermas, Raison et légitimité : problèmes de légitimation dans le capitalisme avancé, Payot, Paris, Avril 2012 (Voir aussi : Relire Habermas : La crise de l’Etat comme crise de rationalité et de légitimité, C. Delarue, publié sur Amitié entre les peuples, le lundi 27 décembre 2010)
[37] - Voir Georg Simmel, Le conflit, Paris, Ciré, 1992
[38] - René Descartes, Discours de la méthode, 1623.
[39] -Ricardo Petrella, Le bien commun. Eloge de la solidarité, Editions Labor, 1996
[40] -Jameson Primé, ‘’Rap créole : La fracture générationnelle ou la mise en cause des devanciers’’, (voir l’article en ligne sur jamesonprimeup.over-blog.net)
[41] -Il est écrit dans la retranscription de ‘’Haïti : la chute du messie’’, qui est documentaire diffusée à l’émission Points Chauds  sur Télé Québec le lundi 23 février 2004: « Selon un sondage rapporté dans le livre de Christophe Wargny, 9 Haïtiens sur 10 voudraient quitter l'île mais les chances sont devenus très minces d'obtenir le statut de réfugiés aux États-Unis et au Canada. » (A noter que le livre de Christophe Wargny a pour titre : Haïti n’existe pas. 1804-2004 : deux cents ans de solitude, Paris, collection Autrement, Frontières, 2008)
[42] -Thomas Sankara disait : « Refuser l’état de survie, desserrer les pressions, libérer nos campagnes d’un immobilisme moyenâgeux ou d’une régression, démocratiser notre société, ouvrir les esprits sur un univers de responsabilité collective pour oser inventer l’avenir. »
[43] - Frantz Fanon, Les damnés de la terre,  1961
[44] -Riccardo Petrella, Ibid., p. 84
[45] - Jean-Jacques Rousseau a écrit dans ‘’Du contrat social’’ : « Mille nations ont brillé sur la terre qui n’auraient jamais pu souffrir de bonnes lois, et celles mêmes qui l’auraient pu n’ont eu dans toute leur durée qu’un temps fort court pour cela. Les Peuples ainsi que les hommes ne sont dociles que dans leur jeunesse, ils deviennent incorrigibles en vieillissant ; quand une fois les coutumes sont établies et les préjugés enracinés, c’est une entreprise dangereuse et vaine de vouloir les réformer ; le peuple ne peut pas même souffrir qu’on touche à ses maux pour les détruire, semblable à ces malades stupides et sans courage qui frémissent à l’aspect du médecin.» (J-J. Rousseau, Du contrat social, GF Flammarion, Paris, 2001, pp. 83-84)
[46] - Voir J. Primé, Invitation à l’haitialité, Publié sur jamesonprimeup.over-blog.net
[47] -Leslie François Manigat, Le cas de Toussaint revisité : Modernité et Actualité de L’Ouverture, Port-au-Prince, Haïti, 2001 (Communication au Colloque de ‘’Haïti, Développement ‘’ organisé à Paris le samedi 7 avril 2001), p. 3
[48] - Voir J. Primé, Pour un événement postcolonial, Publié sur jamesonprimeup.overblog.net, 2 novembre 2013
[49] - Gandhi disait : « à l’instant où l’esclave décide qu’il ne sera plus esclave, ses chaines tombent. »
[50] - Compère Général Soleil, écrit par Jacques Stephen Alexis, est un classique de la littérature haïtienne. Membre du parti communiste haïtien, cet écrivain haïtien, illustre par son génie intellectuel et littéraire, farouche opposant au dictateur François Duvalier (1957-1971), a été assassiné et porté disparu en 1961. Attrapé dès son retour d’exil en Haïti par des sbires du régime en place. (JACQUES STEPHEN ALEXIS, Compère Général Soleil, Première parution en 1955,  Collection L’Imaginaire (n° 91), Gallimard)
[51] - Lettre de Jacques Stephen Alexis à François Duvalier, Publié par Parole en Archipel le 7 Février 2013
[52] -Arthur Rimbaud, « Mauvais sang », Les illuminations

 

Références bibliographiques

1-      ALEXIS, Jacques Stephen, Compère Général Soleil, Première parution en 1955,  Collection L’Imaginaire (n° 91), Gallimard)

2-      BAYART, Jean-François, « L’État en Afrique : la politique du ventre. », Editions Fayard, 2006 (Collection L'espace du politique)

3-   CASIMIR, Jean Casimir, Haïti et ses élites. L’interminable dialogue de sourds, éditions de l’Université d’Etat d’Haïti, 2009

4-      CHARLES, Etzer, Le pouvoir politique en Haïti de 1957 à nos jours, Paris, Karthala, 1994

5-      CHOMSKY, Noam, « La tragédie d’Haïti », Editions L’Herne, 2006 (Traduit de l’anglais par Christian Labarre)

6-      CORTEN, André, Diabolisation et mal politique. Haïti : misère, religion et politique, Montréal-Paris,  Editions du CIDIHCA-Karthala, 2001, p. 17)

7-      DESCARTES, René, Discours de la méthode, 1623.

8-      DIAMOND, Jared, Effondrement. Comment les sociétés décident de leur survie ou de leur disparition, 2006, Paris, Gallimard

9-  FANON, Frantz, Les damnés de la terre,  1961

10-  FIGNOLE, Jean-Claude, Les possédés de la pleine lune, Vents d’ailleurs 2012

11- FIRMIN, Antenor, De l’égalité des races humaines (Anthropologie positive),

12- FIRMIN, Antenor, L’effort dans le mal, Editions Panorama, 1962

13- FLEURY, Cynthia, Les pathologies de la démocratie, Editeur Fayard, Septembre 2005

14- FOUCAULT, Michel, Il faut défendre la société, Paris, Gallimard/Seuil, 1997

15- FRANKETIENNE, « Les affres d’un défi », Vents d'ailleurs, 2010. (1979)

GARAUDY, Roger, Parole d’homme, Robert Laffont, 1975

16- GAUCHET, Marcel, La démocratie contre elle-même, Gallimard, 2002,

17-  HABERMAS, Jurgen, Raison et légitimité : problèmes de légitimation dans le capitalisme avancé, Payot, Paris, Avril 2012

18-  HADJADJ, Bernard, Frankétienne, l'universel haïtien, Riveneuve, 2012

19-  HECTOR, Michel et HURBON,  Laennec Hurbon, Genèse de l’Etat haïtien, 1804-1859, Editions de la maison de l’homme, 2009)

20-  HONNETH, Axel, La société du mépris : Vers une nouvelle théorie critique, Éditions La Découverte, Paris, 2006

21-  HOUELLEBECQ, Michel, Extension du domaine de la lutte, Poche, 1997

22-  HURBON, Laennec, Culture et dictature en Haïti. L’imaginaire sous contrôle, Paris, Editions L’Harmattan, 1979

23-  HUXLEY, Aldous, Le meilleur des mondes, PLON, (Traduit par Jules Castier), 1932

24-  KLEIN, Naomie,  la  stratégie du choc. La montée d’un capitalisme du désastre, Acte sud, 2013

25- LAVIGNE, Jacques, L’inquiétude humaine, Paris, Editions Montaigne, 1953

26-  LE GLAUNEC, Jean-Pierre, L’armée indigène, la défaite de Napoléon  en Haïti, Montréal, Lux Editeur, 2014   

27- LONGIN, Traité du sublime ou du merveilleux dans le discours, Trad. du grec de Longin par M. D., Paris, Librairie-Juré & Imprimeur ordinaire de l’Université

28- MACHIAVEL, Nicolas, Le prince, Paris, Flammarion (trad. par Yves LEVY),

29-  MANIGAT, Leslie François, Le cas de Toussaint revisité : Modernité et Actualité de L’Ouverture, Port-au-Prince, Haïti, 2001 (Communication au Colloque de ‘’Haïti, Développement ‘’ organisé à Paris le samedi 7 avril 2001

30- MCKEON, Richard et al, Le pouvoir, Presses universitaire de France, 1956

31-  NAUDE, Gabriel, Considérations politiques sur les coups d’Etat (1639)

32-  PEAN, Leslie, Économie politique de la corruption (De Saint-Domingue à Haïti, 1791-1870)

33- PEAN, Leslie, Anténor Firmin n’est pas du passé et n’est pas dépassé (deuxième partie), Alterpresse, 21 septembre 2011

34- PETIT, Jean-François, Comment croire encore en la politique. Petite défense de l’engagement, Bayard, Collection Montrouge, avril 2011

35-  PETRELLA, Ricardo, Le bien commun. Eloge de la solidarité, Editions Labor, 1996

36-  PHILLIPS, Wendel, Toussaint Louverture, Collection du Bicentenaire Haïti 1804-2004, première édition 1950

37-  PRICE MARS, Jean, La vocation de l’élite,  Port-au-Prince: Edmond Chenet, 1919

38-  RIMBAUD, Arthur, Les illuminations, 1873  

39-  ROUMAIN, Jacques, Analyse Schématique- suivi de "Griefs de l'homme noir"-, Ed. Presses Nationale d'Haïti, collection Pensée critique, Juillet 2007

40-  ROUSSEAU, Jean-Jacques, ‘’Du contrat social’’, GF Flammarion, Paris, 2001, pp. 83-84

41-  SIMMEL, Georg, Le conflit, Paris, Ciré, 1992

42- WARGNY, Christophe, Haïti n’existe pas, 1804-2004: deux cents ans de solitude, Paris, Editions Autrement, 2004.

 

           Articles et entretiens

1-      CAROIT, Jean-Michel, « Haïti ou La permanence du malheur », le Monde, 26-12-2003

2-      DELARUE, C, Relire Habermas : La crise de l’Etat comme crise de rationalité et de légitimité, publié sur Amitié entre les peuples, le lundi 27 décembre 2010)

3-      HECTOR, Michel, « Mouvements populaires et sortie de crise (XIXe - XXe siècles) », Pouvoirs dans la Caraïbe [En ligne], 10 | 1998, mis en ligne le 05 mai 2011, consulté le 11 octobre 2012. URL : http://plc.revues.org/557 ; DOI : 10.4000/ plc.557

4-      HURBON, Laënnec, « André Corten, Diabolisation et mal politique. Haïti : misère, religion et politique », Archives de sciences sociales des religions [En ligne], 134 | avril - juin 2006, document 134-23, mis en ligne le 05 septembre 2006, consulté le 03 septembre 2014. URL : http://assr.revues.org/3495]

5-      PEAN, Leslie, Gouvernance occulte, gouvernance inculte, gouvernance superficielle,  Alterpresse, 3 juin 2014

6-      PRIME, Jameson, ‘’Rap créole : La fracture générationnelle ou la mise en cause des devanciers’’, (l’article en ligne publié sur jamesonprimeup.over-blog.net)

7-      PRIME, Jameson, Pour un événement postcolonial, Publié par jamesonprimeup.over-blog.net, 2 novembre 2013

8-      ROBERT, Arnaud, ‘’Les nantis d’Haïti’’. (Article en ligne)

9-      ALEXIS, Jacques Stephen, Lettre à François Duvalier, Publié par Parole en Archipel le 7 Février 2013

10-  WARGNY, Christophe, les racines historiques d’Haïti, Entretien accordé à Haïti Press Network, propos recueillis par Dominique Batraville ; 31 mars 2005

11-  WARGNY, C.,  Haïti cumule quantité de handicaps, Entretien

12-  WARGNY, Christophe (In entretien accordé à HPN, propos recueillis par Dominique Batraville)

13-    WARGNY, Christophe, (In Entretien « Les Français dialoguent avec les Haïtiens qui leur ressemblent », Propos recueillis par Jean Durosier DESRIVIERES)

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wilson st juste 05/12/2016 17:43

Article bien fondé, tres instructif

Jameson Prime 28/01/2016 06:42

Merci Emmanuel Salomon pour la lecture.
BIENVENU sur le blog mon Frere!

Emmanuel Salomon (Baron de Poungwé) 27/01/2016 15:36

Merci pour ce texte

Jameson Prime 28/01/2016 06:43

Merci Emmanuel Salomon pour la lecture.
BIENVENU sur le blog mon Frere!