Je suis Jameson Primé, un Haïtien Haitiellement Humain, c'est-à-dire un Haïtien imprégné du sentiment le plus profond de la Liberté et de la disposition à assister son semblable. Doté de diverses formations académiques en sciences humaines et sociales (Sociologie, Philosophie, Littérature, Histoire de l'art, Science de l'éducation), je désire ardemment mettre l'ensemble de mes savoirs et compétences au service du monde (de la vie), et particulièrement ma terre natale AYITI (Haiti: ce morceau d'Afrique toujours souffrant dans les eaux de la Caraïbe) dont un peuple longtemps meurtri des politiques du chaos montées de toute pièce par les exploiteurs de l'extérieur en parfaite complicité avec les petits jouisseurs de l'intérieur depuis le (fulgurant) lever de soleil de la grande expérience humaine de 1804. En ce sens, passionné toujours à la recherche de l'humain, du vrai, du beau, et donc du bien, je déteste plus que la mort l'Injustice. Dans la simplicité et le calme de mon ÂME infatuée, je suis un vent fort pour tous les bas-fonds (comme l'écrivait F. Nietzsche dans "Ainsi parlait Zarathoustra"). De ce fait, « Gardez-vous de cracher contre le vent! ».
LE BRIN D'HERBE
Demi-nu sur le gazon
Un enfant joue. Un garçon
Fort, superbe ;
Quatre ans ; il en vivra cent.
Ce bel enfant florissant
Cueille une herbe.
Il la met entre ses dents.
Juin rit dans les cieux ardents.
L’enfant joue
Et chante en mordant sa fleur.
… Qu’as-tu donc ? Quelle pâleur
A ta joue !
Tout à coup on voit l’enfant,
Livide et comme étouffant,
Bouche amère,
Sueur au front, se rouler
Et, frissonnant, appeler…
Pauvre mère !
Dépêche-toi d’accourir
Pour voir ton enfant mourir !
Le cher être,
Qui, lui, n’était pas méchant,
Ne soupçonnait pas qu’un champ
Est un traître.
Cette herbe était un poison.
Quel vide dans la maison !
Ah ! nature !
Ah ! tes produits, les voilà !
Création qui hais la
Créature !
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Un autre petit enfant,
Livide, et comme étouffant,
Bouche amère,
Sueur au front, s’affaiblit…
Demain on fera son lit
Dans la terre.
Mères ! le bonheur est court.
Le médecin ! il accourt !
Il commande
Pour le cher être abattu
Une herbe dont la vertu
Est très grande.
On a le flacon d’un bond !
Mais le petit moribond,
Que dégoûte
L’aspect seul de la cuiller,
Refuse d’en avaler
Une goutte.
Il s’obstine et se roidit.
Le docteur, dont il maudit
La visite,
Entre ses dents qu’il défend
Fourre la cuiller… L’enfant
Ressuscite !
Il se refait par degrés.
Et bientôt vous le verrez
Fort, superbe ;
Il expirait en naissant ;
Quatre ans ; il en vivra cent…
Et cette herbe
Qui rouvre ainsi ses doux yeux
À la lumière des cieux,
Chose étrange,
Cet aide du médecin,
Est justement l’assassin
De l’autre ange !
La nature alors parla :
« Oui, c’est vrai, l’herbe qui l’a
Arrachée,
La douce proie, au trépas,
Oui, c’est l’herbe que tu m’as
Reprochée.
« Un peu de son suc ami
Refait de l’enfant blêmi
L’enfant rose ;
Mais il faut savoir comment,
Et l’apprêt, et le moment,
Et la dose.
« Il faut savoir ! C’est le mot.
Je vous aime, mais il faut
Que l’on m’aide.
La science, elle, m’absout.
Hommes, rien n’est poison, tout
Est remède.
« Tout est bon pour le savant.
La même plante est, suivant
L’occurrence,
Le meurtre ou la guérison.
Il n’existe qu’un poison,
L’ignorance. »
(POÈME de AUGUSTE VACQUERIE)